Litanies du lait

Un extrait de Litanies du lait
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Charlotte Bayart-Noé
Dessins de Noémie Barsolle

11 x 17 cm

3.99 euros

Quand il tète, sa mère a soif, mais soif ! Alors qu’il aspire sa pitance avec énergie, elle éprouve le supplice de la soif. Son mari lui prépare un grand bol de lait frais, qu’il lui donne à boire tandis qu’elle tient l’enfant contre elle. Elle boit goulûment, il boit goulûment. Le père veille à ce que cette chaîne lactée se maintienne, jusqu’à ce que le bol soit vide.


Le Lait par Anne Bourrel
Si le Lait déborde par PEC
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La beauté du lait (en guise de préface)

Morel
Ces litanies perpétuent, à leur manière, la tradition des célébrations chères à l’éditeur Robert Morel. Facétieuse, l’auteure, qui incubait cette poussée de lait depuis quelques années déjà, a choisi cette forme issue du vocabulaire religieux pour énumérer ses accointances avec ce liquide. Il y avait le vin de messe, voici le lait.

Morel (bis)
L’auteure partage avec le comédien François Morel le goût de leur Normandie natale. Lui aussi a évoqué ses souvenirs, et les planches du théâtre renvoyaient au plancher des vaches : l’attrait de la simplicité, de ces petits riens qui magnifient l’enfance, de cet air de famille et de la campagne. Le lait, ferme hantée ? Le goût du fromage. Cette façon de voir dans la croûte du camembert comme un paysage.

Morel (ter)
Des fantômes traversent ces litanies ; on pense à l’Invention de Morel, d’Adolfo Bioy Casares, où se reproduit à l’infini le spectacle des scènes du passé. Mouvement permanent, quoique fixe à jamais : ainsi vont les souvenirs. Quand le lait stagne, on dit qu’il tourne.

Seins
Litanies des seins, bien sûr : ceux de l’allaitement ou halètement. Donc rien de monotone. De la petite fille qui n’en veut pas à la femme qui s’en émerveille, ces étranges glandes lactifères bousculent le cours de la vie, ou du moins la perception qu’on s’en fait, ce qui revient au même : « Montée de lait » et « Mes roberts à la cantine » le prouvent. Car l’auteure y met du sien.

Miscellanées (à ne pas confondre avec Masci l’Aîné)
Litanies, donc, puisque cocktail frais d’anecdotes, recettes, poèmes, observations et autres mélodies des laits qu’ont dansé. Qu’on parle de lait et tout un cortège de significations en découle : la marque du sanglier (« laie ») et du pluriel (« les »), celle du jet ou du rejet ( signifie « non » en arabe ; après tout, tout part de la poêle de Larbi), la résonance d’une poétique (« Moi qui sais des lais pour les reines »…) et même, si l’on inverse l’accent, une allusion à la couture (un lé est une bande de tissu) dont l’auteure est friande. Cet éloge du lait, c’est un peu tout cela, et même davantage, mais ça va mieux en le lisant.

Yann Bernal

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