Bamastrau

Portrait de groupe partiel

Les pieds écartés posés bien à plat, les cuisses nues, les larges épaules portées vers l’avant, le visage attentif, il siège en majesté sur le sofa avachi. Le T-shirt MoMa délavé baille sur son jeune torse. Il a rassemblé ses cheveux de jais en une queue de cheval qui disparaît dans son dos. Son front aux arcades bien dessinées surplombe deux yeux couleur forêt-en-automne enfoncés dans les orbites et soulignés de bistre. Des rondeurs d’enfance subsistent sur son visage acéré, ça fait sourire sa mère. Détendu, il mord à pleines dents la baguette beurrée dont la croûte dorée craque. Une tasse de chocolat fume, à portée de sa main. Le bras gauche se tient souple à hauteur du genou. De la main droite, il passe sans hâte et avec précision de la tartine à la tasse à la souris dont il actionne la molette.
Toute fraîche, emballée dans un peignoir blanc à roses rouges, les cheveux mouillés entortillés dans une serviette vert vif, elle vient s’installer confortablement aux côtés de son frère, jambes repliées sous elle, buste adossé au coussin de cuir, coude relevé, la tête soutenue par le poignet et inclinée vers lui. De petits cheveux noirs s’échappent du turban improvisé, encadrant l’ovale du visage.
Deux paires d’yeux convergent vers l’écran posé sur la table pliante qu’on a tirée devant le sofa. Il est 13 heures. Les geeks entament la journée.

Bamastrau est un collectif, des voix proches mais chacune bien singulière, porteuse d’une expérience unique, des personnalités qui jouent l’enrichissement mutuel. Le collectif est ici incarné par sa tête de file, maître en transmission de savoir.




















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« La mort de la littérature : plutôt crever, oui. » Nicolas Bernal